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Crédit photos: Hughes Maggia

La Vallée d’Eyne: « le Berceau de la botanique Pyrénéenne »

La richesse botanique de la vallée d’Eyne est connue depuis fort longtemps des milieux scientifiques. Même s’il reste impossible de dater la première visite d’un botaniste, la vallée avait une renommée suffisante en 1680 pour attirer le plus grand spécialiste de l’époque: Joseph Pitton de Tournefort. Puis se sont succédés de nombreux botanistes de renommée aux XVIIIème et XIXème  siècle comme Antoine Gouan, médecin-botaniste de Montpellier, accompagné par deux guides roussillonnais, les apothicaires Bourgat et Razoul, à qui il dédia le nom de nouvelles espèces découvertes dans la vallée: le panicaut de Bourgat (Eryngium boourgatii) et l’Angélique de Razoul (Angelica razulii). Plus tard, c’est Antoine Pyrame de Candolle, lors de sa traversée des Pyrénées, qui n’oubliera pas la vallée d’Eyne qu’il décrit dans ses lettres avec enthousiasme. « A chaque pas, c’était des cris de joie pour toutes les trouvailles que nous faisions… Je n’ai jamais vu tant de plantes réunies au même lieu ». Enfin, le classement de la vallée en réserve naturelle doit beaucoup aux travaux de synthèse de l’association Charles Flahaut et notamment à son ancien président, Georges Bassouls, qui y herborisa à partir de 1942.


Présentation de la Réserve

La vallée d’Eyne est une vallée de montagne qui s’insère profondément dans la partie nord du chaînon Cambre d’Aze-Puigmal, frontalier avec l’Espagne, séparé du reste de la chaîne pyrénéenne par le plateau de Cerdagne et la vallée de la Têt. La réserve naturelle de la Vallée d’Eyne protège 1177 hectares, de 1650 à 2850 mètres d’altitude et recouvre plus de la  moitié de la superficie de la commune d’Eyne.

Le patrimoine biologique reconnu dans la vallée d’Eyne résulte d’une évolution interactive, depuis 6000 ans avant J.C, entre activité humaines et milieu naturel. Depuis les débuts de l’agriculture, l’Homme a cherché à agrandir les surfaces cultivables et les pâturages grâce au défrichement de la forêt. Les pelouses subalpines de cette vallée de  montagne ont été façonnées au fil des millénaires afin de disposer d’une ressource fourragère supplémentaire importante pendant la saison estivale permettant ainsi de valoriser les surfaces cultivables autour du village.

Cette pression a permis le développement des plantes à fleurs dont la grande diversité trouve ses origines dans les variations locales du substrat géologique, d’ensoleillement , d’altitude et de climat que subit la vallée. Elle se trouve en effet au carrefour d’influences méditerranéennes, continentales et océaniques, permettant l’épanouissement d’une biodiversité très variée.

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